Vladimir Nabokov

Vladimir Vladimorovitch Nabokov

Ecrivain

Réfugié russe de 1939 à 1945

Né le 22 avril 1899 à Saint-Pétersbourg, Vladimir Vladimorovitch Nabokov est issu d’une famille noble d’origine tatare, dont les membres sont des hommes politiques de premier plan (son père était notamment professeur de droit, criminologue, et élu à la Douma, l’Assemblée, avant d’être ministre sans portefeuille sous le gouvernement provisoire de mars 1917). Bénéficiant de ce milieu aisé et d’une éducation soignée, Nabokov sait, dès l’âge de 6 ans, parler français, anglais et russe. Cette habileté linguistique l’accompagne d’ailleurs toute sa vie d’écrivain, puisqu’il écrit et traduit lui-même certains de ses romans du russe, anglais, français, et vice versa.

La famille Nabokov, effrayée par la Révolution d’octobre 1917, part dès le mois de novembre en Crimée ;  puis, face à la guerre civile, embarque pour Athènes en 1919 et gagne Marseille, traverse la France pour passer en Angleterre, où Vladimir Nabokov étudie à Cambridge. Il s’installe en 1923 à Berlin, où il rencontre sa future femme Vera, également exilée russe, mais juive. Ses premiers romans sont écrits (en russe) pendant cette période tourmentée ; la montée du nazisme pousse Vladimir, Vera et leur fils unique Dimitri à fuir, pour revenir en France à Paris en 1937.

Poussé par la nécessité d’obtenir des papiers pour pouvoir travailler, et surtout, pour émigrer, il s’adresse en 1939 à l’Office des réfugiés russes afin d’obtenir un certificat de nationalité pour lui et sa femme, ainsi qu’un certificat pour pouvoir partir aux Etats-Unis. Les Nabokov embarquent en mai 1940, et Vladimir Nabokov devient enseignant à l’université Cornell. Il publie son roman le plus connu, Lolita, en 1955, malgré la difficulté à trouver un éditeur à cause du contenu du roman. Naturalisé américain dès 1945, Nabokov décide néanmoins de s’installer en Suisse en 1961. C’est à l’hôtel Montreux qu’il travaille avec son fils aux traductions personnelles de ses œuvres en russe dans les langues anglaises et françaises. Grand lépidoptériste, Vladimir Nabokov profite des montagnes suisses pour agrandir sa collection de papillons, mais est victime d’un accident en 1975. Sa santé se détériore ensuite, et il meurt le 2 juillet 1977 à Lausanne.

De manière générale, les romans de Nabokov (et notamment son autobiographie Autres rivages) témoignent de son attachement à la Russie, de la douleur de l’exil, et de son besoin toujours renouvelé de se trouver un pays d’accueil, face à un monde qui ne le satisfait pas.

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