Allocution de départ du Secrétaire général sur 4 ans de modernisation de l'Ofpra

A l'occasion de son départ, Pierre Azzopardi, Secrétaire général de l'Ofpra depuis 2013, est revenu sur la modernisation de l'Office depuis quatre ans

28 juin 2017

 

Je quitte l’Ofpra après presque 4 années qui ont été collectivement exceptionnelles pour l’Office.

Je ne pars pas sans un certain déchirement parce que l’Ofpra c’est une belle mission, c’est une maison très attachante et une grande famille, et je le ressens particulièrement en ce moment en vous voyant tous ici, avec qui j’ai vécu ces dernières années.

Ce que je retiendrai de ce poste, c’est la chance d’avoir pu vivre une expérience professionnelle assez rare, au cours de laquelle nous avons été en réforme permanente, et où l’Etablissement a changé de dimension.

L’aspect logistique a sûrement été le plus visible. Pendant 4 ans de suite, avec les chefs des services des ressources humaines, des moyens généraux, de l’informatique et du budget et leurs équipes, nous avons lancé les concours et les jurys pour recruter au total 330 nouveaux agents, loué, fait aménager et équiper plus de 5 000 m² de bureaux. Les délais très courts qui nous étaient impartis ont pu être tenus grâce à notre statut d’opérateur et la mobilisation exceptionnelle des équipes.

 

Tout avait commencé en 2013 avec la réforme interne, dont l’Ofpra venait de se doter, après plusieurs mois de concertation, avec un plan d’action très ambitieux pour réformer la maison de fond en comble. Il restait à le mettre en œuvre.

Ce plan d’action est aujourd’hui un formidable acquis et sa mise en oeuvre sous l’impulsion du directeur général a été l’affaire de tous, chaque agent de l’Etablissement y ayant activement contribué. C’est parce que la modernisation de l’Ofpra traduisait une forte attente, mais aussi parce que l’attachement à la mission est porté au plus haut, et que chacun a eu à cœur de démontrer l’efficacité de l’institution.

Si mes comptes sont bons, la dernière mesure du plan d’action entrée en vigueur, c’est le télétravail, qui est en place depuis ce mois de juin.

Comme on le sait, beaucoup a été fait pour renforcer la qualité de l’instruction – et le conseil d’administration l’a salué il y a quelques jours, notamment à travers les travaux des groupes thématiques pour les besoins de protection comme ceux des femmes victimes de violences, les victimes de tortures ou les mineurs, qui lui ont été présentés. Dans le même temps, l’Office a participé activement à la préparation de la loi asile et l’applique depuis 2015, ce qui mobilise l’ensemble des services avec la mise en place de nouvelles procédures, l’accueil du tiers dans les entretiens et les enregistrements sonores.

L’Office a aussi grandement amélioré son efficacité grâce à des mesures issues du plan d’action, l’institution d’une programmation mensuelle qui a fait ses preuves, l’adaptation permanente des process internes, et la modernisation des applications informatiques qui doit beaucoup à l’ingéniosité de Jean-Paul, jusqu’à la dématérialisation complète lancée il y a quelques semaines.

Grâce à la mobilisation de l’ensemble des officiers de protection instructeurs, de tous les secrétariats et de l’encadrement des divisions géographiques, on peut dire que le défi du niveau d’activité a été gagné, en passant de 60 000 décisions en 2013 à 110 000 attendues cette année.

Il faut bien sûr associer à ce résultat les équipes des divisions d’appui, la DAJEI et la DIDR, leur chefs Marie et Caroline, qui participent pleinement au processus d’instruction, et font l’impossible dans un contexte difficile, car ces services n’ont pas pu être renforcés à proportion des divisions géographiques.

Nous avons réduit le délai à l’Ofpra de 8 à 5 mois et nous nous approcherons en fin d’année de 3 mois.

La réduction des délais reste bien sûr un de nos objectifs. Elle pourra être amplifiée, dans le respect de notre mission, grâce à des moyens complémentaires et à une simplification des process.

Ensemble, nous nous sommes aussi investis dans l’amélioration de l’accueil du public, qui est une des missions de la MAEN, porte d’entrée de l’Ofpra, et de la division de la protection, qui est au point de départ de l’intégration des personnes protégées. Ces deux services ont doublé de volume en 4 ans et avec leurs responsables, François et Anne-Lise, Isabelle, Ludovic et Hamida, les agents ont su s’adapter aux enjeux d’efficacité qui s’imposent à l’Ofpra. Avec les services en ligne, les SMS, le doublement du standard téléphonique, les adresses fonctionnelles et les guichets rapides, l’Office est aujourd’hui beaucoup plus accessible à ses usagers, même si les perspectives d’amélioration sont encore nombreuses.

Je voudrais dire également que la gestion des ressources humaines, la pratique du dialogue social et mes entretiens nombreux avec les agents ont compté parmi mes principales sources de satisfaction. Dans le cadre de la réforme interne, plusieurs chantiers ont été conduits pour améliorer la situation des personnels, et j’ai à la fois eu beaucoup de plaisir et beaucoup appris en travaillant avec nos collègues et les représentants du personnel sur ces dossiers : parmi les principaux, je citerai la fusion des corps, qui est un levier important au plan statutaire, comme pour la mobilité des agents et l’attractivité de l’Office,  la modernisation du management, l’amélioration des parcours des agents de catégorie B et C ou la mise en place d’un plan de prévention des RPS.

Je souhaiterais également mettre en avant une réussite de l’Office qui a toujours fait mon admiration, qui est la formation des officiers de protection instructeur. C’est  un modèle tout à fait original, puisque ce sont les collègues eux-mêmes qui forment les nouvelles recrues à ce métier complexe et exigeant, en partage avec les chefs de section. Ce système qui fonctionnait depuis toujours à l’unité, est tellement éprouvé qu’il a fait ses preuves à grande échelle, en intégrant 180 nouveaux officiers de protection en 3 ans sans faire de vague. Ca reste pour moi une sorte de prouesse interne.

 

C’est un panorama partiel, mais de tout cela je voudrais remercier aussi les partenaires de l’Office qui nous ont accompagnés depuis 4 ans.

Le Président et les membres du conseil d’administration pour la confiance et le soutien constant qu’ils nous apportés.

La direction de l’asile – en ayant bien sûr une pensée pour Florian Vallat – le SPSI, Christian et Elsa, qui ont toujours été attentifs à nos besoins et avec lesquels nous avons des échanges constants pour inscrire l’action de l’Ofpra dans la chaîne plus vaste du système de l’asile.

La direction du budget, les services du CBCM et de la DEPAFI, l’agent comptable de l’Office Hélène Bétite, avec qui nous avons eu un dialogue très constructif et qui nous ont soutenus en nous donnant les moyens nécessaires à la réalisation de nos objectifs.

Je salue nos collègues et amis de l’OFII, avec lesquels nous avons développé des synergies ces dernières années et beaucoup œuvré pour améliorer nos échanges d’information, la DRH du ministère de l’intérieur qui a nous a accompagnés notamment pour l’évolution des corps, le HCR et les associations qui font tant au soutien des demandeurs d’asile.

La Cour nationale du droit d’asile, représentée par Philippe Caillol. Nous avons entretenu des liens aussi étroits que possible pour améliorer nos échanges, affiner la prévisibilité de l’activité et faciliter la transition entre la première instance et le recours, dans un état d’esprit et un climat très positifs.

Les prestataires de l’interprétariat, qui sont des partenaires incontournables de l’Office et du processus de l’instruction. Je voudrais les remercier pour leur réactivité quotidienne, les moyens qu’ils ont mis en œuvre pour répondre à l’accroissement de nos besoins en volume, et leur capacité à nous suivre dans des modes d’intervention spécifiques, comme les missions foraines. Ils ont aussi contribué de façon ouverte à l’élaboration d’une charte de l’interprétariat, qui fixe les droits et obligations de chacun et garantit un haut niveau d’exigence.

Je remercie et je veux rendre hommage aux partenaires sociaux de l’Office, avec lesquels nous avons partagé de nombreux objectifs, qui ont permis de faire avancer la situation des personnels et les conditions de travail. Ils ont été, et c’est leur rôle, des aiguillons et des partenaires exigeants mais je veux surtout saluer leur sens des responsabilités et la qualité de nos relations.

 

Au fond, l’essentiel ce sont les valeurs que porte l’Ofpra, et de ce passage ici je repartirai avec un peu plus d’humanité.

 

Bonne continuation à l’Ofpra et à vous tous.

Date de mise à jour: 30/06/2017

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